Après les véhicules autonomes, les véhicules téléguidées ?

Il y a quelques jours la société allemande Vay a annoncé le lancement officiel de sa plateforme de voitures téléguidées.
L’objectif premier de cette plateforme : Améliorer la prise en charge des voitures de location.

Pour ce faire, l’usager utilise l’application de réservation de voitures Vay, sélectionne l’heure de la prise en charge souhaitée et le système va automatiquement lui envoyer une voiture à son emplacement.

Cela existe déjà me direz vous car les voitures autonomes peuvent répondre à ce type de scénarios mais la différence ici est que le véhicule est entièrement « piloté à distance » par un opérateur qui va conduire votre véhicule jusqu’à vous alors qu’il se trouve peut être à des milliers de kilomètres !

Le concept de Vay est est assez simple : Un véhicule est bardé de multiples capteurs, caméras, radars et de moyens de communication avec les réseaux 4G-5G des opérateurs.

Téléconducteur

Vay :les premiers véhicules téléguidés

Le téléConducteur (un nouveau métier sans aucun doute) est confortement installé dans un siège baquet comme s’il jouait à une simulation de jeux de courses et visualise sur ses moniteurs ce que lui transmet en « temps réel » le véhicule à travers ses capteurs et caméras.
Il peut ainsi conduire avec les mêmes informations comme s’il était « physiquement » présent dans la voiture, les données étant acheminées par les réseaux hertziens.
Les concepteurs ont prévu aussi des retours « son » permettant d’anticiper les actions si des véhicules prioritaires sont présents derrière vous (sirènes de police ou ambulances).

A partir de sa console, le téléConducteur dispose d’un ensemble d’informations synthétisées comme un Tableau de bord (la vision des trois rétroviseurs, une vue sur les flancs gauche et droit, les capteurs de proximité, d’angles morts etc..) et prend ses décisions en regard de ce qu’il voit et de ce qui est remonté par le véhicule.

Pour l’instant la société Vay se cantonne de proposer un service d’acheminement de la voiture à votre lieu de prise en charge et au retour de celle-ci vers les parking habilités. Elle ne souhaite pas « téléguider » pour le moment le véhicule avec des personnes à l’intérieur.
Mais on peut imaginer sans peine que les déplacements des personnes âgées, des enfants pour leurs écoles, des taxis seront des cibles privilégiées pour la jeune startup.

Beaucoup de zones d’ombre perdure cependant. Que se passe t-il si le réseau 4G-5G n’est plus accessible ?, est-ce que le téléConducteur doit être en possession d’un permis pour faire ce « métier » ?, est ce que les temps de latence sur les réseaux ne sont pas rédhibitoires lorsque l’on sait qu’une prise de décision se joue en quelques millisecondes ? que répond la législation Européenne sur ce nouveau type de véhicule ?

Les prochains mois et années vont surement encore nous surprendre mais en attendant êtes vous prêts à devenir un téléConducteur ?

Rémy Poulachon